Viella en Pacherenc


 

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De la Renaissance a la veille de la Revolution samedi 29 novembre 2008 , par Les Amis de Viella


Une nouvelle famille - de nouvelles structures

 

Le milieu du XVIe est assez calme, à l’écart des guerres de religion. Le commerce du vin de Viella est florissant jusqu’au début du XVIIe, surtout en direction des Pyrénées.

 

Le seigneur de Viella gagne en influence dans la région, notamment du fait des unions de famille. Ainsi, lors des troubles accompagnant l’assassinat d’Henri IV en 1610, il est sollicité par M. de Caumont, commandant en Béarn et Armagnac, pour l’aider à rétablir l’ordre.

De plus, depuis 1607, la Gascogne est clairement intégrée dans le domaine royal. Ce qui ne se fait pas toujours sans heurts dans la région pour des raisons fiscales du fait de la lourdeur des impôts : taille, 2 vingtième, capitation, droits réservés plus droits féodaux et dîme ecclésiastique ! (à Viella perçue par le Seigneur).

 

Entre temps, la seigneurie de Viella est passée chez différentes familles : les De Falesche, puis la famille de Béarn, et enfin les Labay. Ainsi, une des dernières filles du seigneur transmet par son mariage avec le seigneur de Falesche le titre, et conduit au rattachement au roi de Navarre. Cette transmission fut provisoire puisque la descendance est rapidement tombée sur une fille Catherine, qui épouse Jacques de Béarn, protestant (détail qui a son importance à l’époque).

De ce mariage naît Antoine de Béarn, baron de Doumy et de Viella, qui épouse lui-même le 24 février 1625 Marie de Laur. Sa fille, Catherine de Béarn épouse Jacob de Labay. 

Labay était un fief proche de Viella, situé en Béarn, ce qui explique que les Labay étaient membres des États de Béarn.

 

Le déplacement du Village

 

Le XVIIe est marqué par un événement d’importance : une nouvelle peste frappe le village, comme Auch en 1653, si bien que décision est prise de s’implanter sur la hauteur, alors que les habitations étaient jusque là principalement situées en contrebas, dans le vallon de Bégour.

C’est un tournant. En effet, les habitants qui retournent à Bégour ne peuvent contester le déplacement de l’église en 1750. Une nouvelle église, l’actuelle église St Pierre, est construite sur un terrain cédé par le marquis de Viella. Jusqu’aux statues en bois de l’ancienne église, détruites à la Révolution, qui sont déménagées.

Le maître autel sera offert en 1770 par Mgr Marc Antoine de Noé, évêque de Lescar, membre du haut clergé qui fera partie de l’assemblée provinciale créée en 1787, et surtout beau-frère du marquis de Viella (Joachim de Labay) mort en 1795.

Bégour finira par totalement disparaître, et les cultivateurs encore aujourd’hui tombent parfois sur les restes du cimetière.

 

L’activité au XVIIe et XVIIIe

 

Viella au XVIIe est marquée par une situation très rurale, un bourg peu organisé, avec 2 foires dans l’année, un marché tous les 15 jours. La vigne y est peu importante, sans doute 120 hectares très morcelés (7% de la superficie, 0,5 hectare en moyenne) d’après F. Brumont dans l’ouvrage de référence"Madiran et St Mont".

Ceci pourrait s’expliquer par l’ordonnance royale du 21 novembre 1577, résultat de l’inquiétude sur la priorité de l’approvisionnement, qui obligeait à un minimum des 2/3 des terres en céréale, le 1/3 restant pouvant être consacré à la vigne seulement s’il ne pouvait être de la prairie

A noter également la faible importance des biens du clergé, propre à la région (40 ha de terres incultes).

 

Sous Colbert, l’activité et le commerce se développe, ce qui favorise une hausse de la population qui s’accompagne de la division des héritages et d’un appauvrissement (la propriété moyenne n’atteint plus que 5,8 ha en 1686 contre 7,2 en 1665)

 

La période qui suit est celle de la réorganisation administrative avec la création en 1716 de la généralité d’Auch divisée en 5 élections, unité administrative et financière. Viella est rattachée à l’élection d’Armagnac (Auch), en frontière avec le Béarn.

Plusieurs crises se font également jour (mévente des vins, concurrence,...) dont les plus marquantes sont celles de 1693 et de 1709, entraînant une baisse importante de la population. Les petits propriétaires (moins de 1ha) passent ainsi de 49 en 1686 à...2 en 1732. En 1741, Viella compte 193 feux (unité conventionnelle équivalent de notre foyer fiscal actuel) et surtout 183 "taillables" au lieu de 250 en 1686 ! En parallèle, les superficies se sont concentrées (7,5 ha moyens) et le vin procure 3/4 des revenues.

 

Il s’agit là d’un minimum séculaire de peuplement ; la tendance ne va pas tarder à s’inverser, notamment grâce à l’édit de 1766 qui exempte pendant 15 ans de toutes dîmes et impositions les terrains défrichés.

En 1789, on comptera 240 feux avec 323 "taillables", le nombre d’artisans (surtout situés dans le nouveau quartier St Pierre) passe de 7 en 1686 à 17 en 1790 (forgeron, cordonnier, tonnelier,...).

 

Le commerce du vin

 

Tout au long de la période, il fait l’objet d’un contrôle très strict et est soumis à de nombreux droits, notamment pour le vendre au détail.

Un commerce de proximité se développe au XVIe et XVIIe ; Dominique (Menjoulet) Benganous s’illustre au début du XVIe dans ce secteur. Ce vendeur viellanais collecte des quantités de vins non négligeables et les écoulent, principalement vers les Pyrénées et la Bigorre.

Les ventes et la production de blanc se développe au détriment du rouge dans la proche région.

Au XVIIe, les ventes se réorientent vers la mer et surtout la Hollande. En 1741, l’essentiel des 3/4 des revenus de la communauté provient ainsi de cette filière. Il s’agit quasi exclusivement de vin blanc doux ou liquoreux vendu sous l’appellation "vins de Béarn" (le terme Pacherenc n’apparaîtra qu’au XIXe). Le comte de Viella devient un producteur réputé à Amsterdam. Son vin n’est certes pas le meilleur, mais il est bien placé et se conserve déjà très bien (peut-être du fait des premières vendanges tardives ?).

Les frères Temminck, négociants, écrivent au baron de Diusse en 1750 : "les vins de monsieur le comte de Viella ont encore plus mal reussy que les vostres la dernière année, le cru de ce monsieur n’a pas d’ordinaire la mesme force ni liqueur que les vostres".

Ces vins s’y vendent à peine moins cher que les meilleurs jurançons !

Mais à partir du milieu du XVIIe la concurrence v devenir plus vive, notamment face aux vins de Bergerac.

 

Le développement des axes de communication

 

Face aux tendances protectionnistes de certains, l’intendant de la généralité, Monsieur d’Etigny (entre 1751 et 1767), puis l’intendant Drouet de la Boellange, veulent mettre fin aux misérables moyens de communication de la région pour assurer le développement économique et le commerce, ce qui intéressait au premier chef les producteurs viellanais.

 

Le premier perça 4 grandes routes dont une Bayonne-Toulouse via Aire, Auch, Gimont (en 1759) et une Toulouse-Tarbes/Pau (en 1760).

Toute une polémique se développe alors sur le tracé pour relier ces deux routes.

En 1764, Viella s’associe aux communes voisines pour proposer et défendre son projet à l’Intendant, tracé court longeant le Béarn et rejoignant, malgré des côtes difficiles, la route d’Aire à Lembeye.

C’est ce projet qui l’emporte finalement, sans doute grâce au poids des marquis de Franclieu et de Viella, contre le tracé Nord par Ladevèze dans la vallée de l’Adour.

Cette route existe toujours et curieusement, elle évite des centres des villages (sauf Madiran), notamment le centre de Viella. Sur le territoire de Viella, on appellera vite le tronçon "le chemin neuf"

Les viellanais participèrent à la construction et à l’entretien selon le système de la corvée puis de la somme en adjudication qui la remplace.

Cette route est un tel succès que dès 1776 les consuls (cad la municipalité) de Ladevèze dénoncent l’écroulement des échanges de vin sur leur secteur.

 

A la veille de la Révolution, le marquis de Viella, Louis-Pierre Charles de Labay (fils de Joachim qui mourra en 1795), colonel de régiment des grenadiers royaux, compte comme fief, outre Viella où il possède plus ou moins régulièrement 145 hectares, Cannet, Laguian en Armagnac, Aubous et Lherm en Béarn. Il bénéficie de l’aura de son père et de sa mère, arrière petite fille de Colbert.

Le château de famille vient d’être rebâti (en 1763). D’une habitation probablement modeste, à l’image d’une noblesse le plus souvent peu argentée dans la région, il va faire un petit château à la française, signe d’une prospérité retrouvée.

 

Les familles viellanaises importantes de la période sont des gros possédants comme les Daubons, Saint-Luc Lirou, Lacassagne, Dutour-Berthoumieu, ou de plus petits comme les Mombet, Duviau, Cavaille, Laborde, Terrade.







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