Viella en Pacherenc

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De la Préhistoire à la fin du Moyen Age
mercredi 26 novembre 2008, par Les Amis de Viella

Du fait d’un site favorable à l’implantation humaine et de la richesse du terroir, la présence humaine semble être très ancienne.

En effet, comme le signale la Revue archéologique du Gers en 1971, on a trouvé dès 1906 dans les quartiers de Bégour et de l’Estrem Debat des outils en quartzite et même un anneau datant de 25 000 ans avant Jésus Christ (époque acheuléenne) ! 

 

Sa situation au sommet d’une colline a fait de Viella à l’époque gallo-romaine un oppidum où la protection était plus facile. En effet, le site est très escarpé, l’entaille de l’éperon barré étant marquée par le lieudit La Barrade (le fossé). Un cercle de lieux de défense existe depuis cette époque tout autour de Viella : La Tapie (talus), Castéra, le village fortifié de Maumusson...

 

Pour autant, il faut bien dire que les sources manquent pour vraiment appréhender l’évolution des premiers peuplements. (Ce qui est certain, c’est que la conquête romaine amène le constat d’une région très agréable).

Au début du Ve siècle, Salvien, Moine de Lérins écrit que "chacun sait que l’Aquitaine et la Novempopulanie (pays des neufs peuples, c’est-à-dire la Gascogne ndlr) sont comme la moelle de presque toutes les Gaules et possèdent un terroir d’une merveilleuse fécondité... plein d’agrément, de charme et de plaisir. Tout le pays est chargé de vignes, orné de riantes prairies, parsemé de champs cultivés, planté d’arbres fruitiers, ombragé de bosquets, arrosé de sources, entrecoupé de cours d’eau, couvert de moissons ondoyantes".

Ce qui n’empêchait pas à la même époque Saint-Orens, évêque d’Auch, de dénoncer avec force les abus de vin. D’ailleurs, Childéric Le Saxon, condamné à mort, préféra d’ailleurs mourir d’ivresse chez son épouse à Auch.

 

A cette période de cocagne succéda les difficultés du Haut Moyen Age, caractérisée par une forte baisse de la population dans la région. L’époque était difficile, il fallait se protéger contre l’insécurité (et notamment les Normands) et les premières épidémies se répandent (peste du VIe siècle). 

Si Viella commence à se structurer dans le vallon de Bégourd au sud du centre actuel, un Castéra succéda à l’oppidum pour se protéger en cas de menace prés du lieu dit Solférino.

 

 

Signe de la Reconquête, la création du Monastère de St-Mont en 1045 accompagne l’essor du vignoble. De nombreux exploitants dépendent en effet du Monastère et lui doivent redevance. Une église existe notamment à Lasserre où les moines de St Mont perçoivent la dîme et assurent le service. La région est largement morcelée en fiefs féodaux.

 

Le village, de par sa situation géographique, va connaître les flux et les reflux de la Guerre de Cent Ans. Ainsi, le 30 juin 1295, Viella est "donné" au comte de Foix par le roi de France Philippe Le Bel en récompense des services rendus durant le long siège de St Sever à quelques kilomètres. 

C’est peu après que l’on commence à parler de la famille de Viella alors que le village est rattaché à la vicomté de Corneillan, intégré dans le Béarn.

La 1ere moitié du XIVe marque l’apogée démographique de la région et la priorité donnée aux céréales.

En 1348, la Peste Noire dévaste la Région et en 1355, le Prince Noir et ses troupes passe prés de Viella pour aller saccager Toulouse.

Dans la lutte opposant le comte de Foix-Béarn au comte d’Armagnac, Viella joue aussi un rôle puisqu’aprés la victoire de Gaston Phébus en 1362 à Launac, en 1367, les seigneurs de Viella furent placés sous la suzeraineté directe des Comtes d’Armagnac finalement vainqueurs. 

En 1418, Raymond de Viella participe à ce titre au serment du nouveau comte d’Armagnac, alors même qu’un an avant les Armagnacs (Bernard VII) ont été massacrés aprés leur échec à Azincourt.

Pour asseoir le lignage, en 1432, Catherine de Viella épouse Bernard de Béarn, fils bâtard de Jean 1er, comte de Foix. 

Les années suivantes sont difficiles. Les hivers 1442 et 1443 sont très rigoureux et la peste se développe. La demande des seigneurs de Viella d’intégrer la Cour du Béarn est rejetée en juillet 1443.

Pour couronner le tout, Odet, bâtard de Viella, accessoirement capitaine d’une compagnie de routiers, occupe la ville et ne la quitte que contre 2000 écus d’or !

Le fils de Catherine de Viella, Jean de Béarn, Sénéchal de Béarn, est décapité en 1488 pour avoir conspiré contre la Reine Catherine de Navarre...