Viella en Pacherenc


 

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Bien déguster lundi 8 décembre 2008 , par Les Amis de Viella


LA DEGUSTATION

Boire doit être avant tout un plaisir. Quelques conseils pour le sublimer.

Choisissez votre moment : il ne s’agit pas de boire n’importe où et n’importe comment. Attention à la chaleur, aux odeurs, à la lumière…

 Trois composantes sont essentiels : L’œil (vision), Le nez (odorat), la Bouche (goût et volume)

 L’œil

 L’examen de la robe, c’est-à-dire des caractères visuels de votre vin, en apprend déjà énormément au spécialiste.

Le vin doit être limpide, sans trouble. On place pour cet examen le verre entre l’œil et une source lumineuse à même hauteur. La transparence, pour un vin rouge, est déterminée en examinant le vin sur un fond blanc en inclinant le verre. La surface du verre devient alors elliptique et permet mieux d’observer la nuance de la robe et ainsi l’état de conservation et l’âge du vin.

 Pour un vin rouge, une robe violacée est signe de grande jeunesse. Pour un Madiran, passez votre chemin ! Un rouge cerise est encore jeune pour un Madiran, sauf ceux à proportion significative de cabernet. Un rouge à frange orangées montre le début de vieillissement (3-7 ans). Un rouge brun à un vrai brun montre un vrai vieillissement. Pour beaucoup de vins, il est alors trop tard, mais bien souvent le Madiran est alors encore proche de son apogée, comme en témoigne l’expérience de beaucoup de viellanais.

 L’examen visuel s’intéresse aussi à l’éclat du vin sa "brillance", et encore à l’intensité de la robe. Trop claire, elle est synonyme de manque d’extraction, d’année pluvieuse où le rendement aboutit presque à une "dilution" ! Les Madirans ont le plus souvent une robe foncée (voire noire comme de l’encre pour certains, comme le château de Viella Prestige, caractéristique du cépage Tannat), signe de vieilles vignes et de bonne extraction.

 Enfin, en tournant le verre, recherchez les "jambes" du vin, traînées qui traduisent le degré alcoolique.

 

LE NEZ

 Hormis si vous reconnaissez l’odeur de votre vinaigre ou celui de l’écorce du chêne liège (pas de chance !), le bouquet du vin (ensemble des odeurs se dégageant du verre) est d’une grande variété.

 Cette évaporation suppose une bonne température, ni trop froide, ni trop chaude. On peut s’étonner de la mode de servir des vins froids, … SVP évitez cela avec votre Madiran, et sachez le chambrer !

On commence par humer ce qui se dégage du verre immobile, puis on imprimera au verre un mouvement de rotation. L’air fait alors son effet et d’autres parfums apparaissent.

 La qualité d’un vin est fonction de l’intensité et de la complexité du bouquet. Un petit vin ne vous apportera que peu d’originalité.

 Pas de termes passe-partout à cet instant : il faut procéder par analogie et faire preuve d’imagination pour analyser en profondeur cette complexité, comme le fait un "nez" pour un vrai parfum.

En simplifiant, on va avoir des parfums

floraux, (violette, pivoine,…)

fruités, (surtout fruits rouges comme framboise cerise cassis, mais aussi pomme, banane)

végétaux,

épicés

balsamiques,(résine, térébinthe)

animaux,

boisés

"empyreumatiques", (par référence au feu : grillé, tabac, foin séché,…)

 

LA BOUCHE

 Un faible quantité de vin est nécessaire en bouche, et on l’y garde. On aspire un petit peu d’air pour permettre la diffusion dans l’ensemble de la cavité buccale.

Dans la bouche, le vin s’échauffe, il diffuse de nouveaux éléments aromatiques recueillis par le nez, complétés par la sensibilité des papilles à l’amer/acide/sucré/salé, mais aussi à la viscosité ou à l’astringence. Donc, si vous êtes enrhumé, inutile d’ouvrir un château Montus.

 C’est en bouche que se révèle l’équilibre, l’harmonie ou, au contraire, le caractère de vin mal bâti.

Là encore les termes sont riches pour exprimer la position du vin sur les critères d’acidité, de tanins, de moelleux, d’alcool.

Un grand vin va vous donner l’impression d’une construction rigoureuse, complexe en arômes, puissant MAIS fondu. Il ne s’agit pas nécessairement d’être équilibré sur tout, mais que le style ainsi exprimé demeure harmonieux. Ainsi un Madiran riche en tannin, mais qui serait pauvre en acidité et en alcool se montrera dur, austère, astringent car ils ne vont pas réussir à compenser cette dominante (c’est rare, mais trop jeune, même un Bouscassé peut décevoir..).

 Le schéma suivant vous donnera quelques pistes pour les vins rouges, en essayant de rester dans le premier triangle intérieur.


 Enfin, avalez ! Cherchez alors la persistance des arômes dans votre bouche, la "longueur en bouche". Un grand vin a une grande longueur, c’est systématique.

 Pour vous entraîner, un moyen simple est de reprendre les commentaires du Guide Hachette sur un de vos Madirans, et de comparer avec vos sensations.

 Avec plaisir, et avec modération, bien entendu.







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