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Le Tannat mercredi 3 décembre 2008 , par Les Amis de Viella


 

Ce cépage fait partie de la famille des Cotoïdes originaires du Sud Ouest. Il est peut-être issu d’un métissage avec un cépage pyrénéen, car pour Guy Lavignac dans son ouvrage « Cépages du Sud Ouest » le lobe médian de sa feuille est très semblable à ceux caractéristiques des Pyrénées. Il est sans doute cousin avec le Lauzet, originaire du Béarn.

 On l’appelle parfois Moustroun (ou Moustrous) dans les Landes ou Bordelais noir (propre aux bordes, métairies, et non à Bordeaux) en Tursan.

Le terme Tannat vient de la langue d’oc Tanat, de tan « tanin », c’est-à-dire tanné, ce qui s’explique soit par sa richesse en tannin, soit par la couleur violacée des baies, soit encore par l’aspect basané du feuillage.

Pour entendre parler pour la première fois du cépage Tannat (ou tanat), il faut se référer à l’enquête de l’intendant de Guyenne Dupré de St Maur en 1783-1784 sur le sud ouest du Gers. Ce qui est alors remarquable, c’est le petit nombre de cépages rencontrés.

En rouge, on n’en rencontre que deux, dont le tanat « un raisin noir, sa feuille est ronde, peu piquée et de couleur rouge ». Il est probablement alors d’introduction récente (vers 1700 ?) car il correspond mieux aux labours modernes, à un besoin d’augmentation de la productivité de la vigne et au goût des habitants des vallées pyrénéennes, principaux consommateurs de Madiran de l’époque.

 

En 1841, monsieur Dartigaux-Laplante de Castelnau-RB adresse au préfet des plants du Madiranais pour le duc de Cazes au profit du Jardin des Plantes et il indique (ce qui n’est pas forcément flatteur pour le Tannat) « depuis quelques années, le propriétaire cultive presque exclusivement le Tannat parce que c’est le plant qui produit le plus et qui fournit la plus belle couleur. La difficulté des transports à cause de nos mauvaises routes ne nous permettant pas de soutenir la concurrence avec les autres pays vignobles, plus heureusement situés, nous avons été obligé de sacrifier la qualité à la quantité »

 

 Grappes cylindriques, compactes, avec des grains bleus-noirs à peau épaisse, colorée. Cest un cépage tardif et productif. Le Tannat
Il aime les sols graveleux et sableux. A maturité, il donne des vins fruités (framboise), acides, charpentés. Il donne un vin alcoolique, coloré, acide, très riche en tannins, nerveux, astringent. Demande un vieillissement de plusieurs années pour s’assouplir. Sombre, très bouqueté, solidement charpenté, âpre dans sa jeunesse surtout lorsque le tannat domine. Il donne des vins riches en contrastes. On y trouve beaucoup de fruité ainsi que des arômes divers dont le bois exotique, la cannelle et le tabac. Mais ce sont aussi des vins très tanniques et d’une acidité prononcée. Après un passage dans des fûts de bois, et lorsque les tanins se sont arrondis le tannat se transforme en vin d’un rouge intense, d’une grande complexité et vieillissant formidablement bien. Il faut le boire à partir de 5 à 10 ans d’âge, bien chambré avec des plats relevés et gras qui s’avèrent être l’idéal pour masquer la dureté de jeunesse de ces vins. La cuisine du sud-ouest de la France s’y marie à merveille.

Il fait partie de l’encépagement des vins Béarn, Cahors, Côtes du Brulhois, Madiran, Irouléguy, Tursan, Côtes de Saint Mont.

Depuis 1960, il gagne du terrain dans certaines expositions du Lot et du Tarn et Garonne.

Mais le vin où il s’exprime le mieux est le Madiran  (40 à 60 % de l’encépagement). Il est à la base de l’originalité de ce vin de terroir riche en tannin et lui donne l’ossature d’un grand vin de garde.

Les vins 100% Tannat sont mêmes tolérés pour les grands crus destinés au vieillissement en barriques. En effet on minimisait le tannat au moment de la création de l’ AOC à cause de sa rusticité . Aujourd’hui grâce aux progrès de la viticulture et de l’œnologie, au travail de certains viticulteurs, le tannat a gagné ses lettres de noblesse.
 

Il est par contre peu connu en France qu’il est devenu le principal cépage de l’Uruguay, avec une production supérieure à celle du Tanat français. Il a été introduit en 1870 par des immigrants Basques (Pascual Harriague) et transformé en « cépage national » parfaitement adapté au sol et au climat locaux. On l’appelle d’ailleurs là-bas Harriague. Des vins rouges avec du corps mais sans tannin excessif sont produits dans plusieurs départements - Canelones, Montevideo, San José et Maldonaldo. Le sol volcanique et le climat très clément, notamment les brises maritimes, font que les vinsd’Uruguay ont une finesse que manque la plupart de vins brésiliens sujet à des conditions climatiques plus difficiles. L’introduction du cépage "Tannat", il y a plus d’un siècle, en Uruguay, a conduit l’Institut national agronomique français et son équivalent uruguayen, l’INAVI, à conclure une convention afin de mener un programme de recherche et d’expérimentation génétique sur ce cépage.

En 2002, un colloque fut d’ailleurs organisé avec nos amis uruguayens à Madiran autour du Tannat (  Daniel Vergnes, Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Atlantiques « La conservation du patrimoine génétique du Tannat »,  <<Suivi de maturité polyphénolique du Tannat »...)


 

 







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